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Cellou Dalein Diallo rentre à Conakry avec pleins de dossiers entre les mains

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cellou_dalein_1Le président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), Monsieur Cellou Dalein Diallo, rentre au bercail. Après un long séjour à l’étranger, notamment à Dakar, Monsieur Diallo est attendu à Conakry, ce lundi 5 Septembre. C’est, en tout cas, l’information distillée par l’entourage du patron de l’UFDG. Un cadre du parti contacté par Guinee58 confie « Le président rentre ce lundi après un long séjour. Il était tant car la situation sociopolitique du pays requiert sa présence auprès de ses compatriotes. »

Aucune manifestation n’est prévue pour accueillir le président de l’UFDG, toute fois il est précisé que « le président s’entretiendra avec les militants ce lundi lors de l’assemblée générale hebdomadaire. » A noter que le 3 avril dernier, lors du précédent retour de Monsieur Diallo, Alpha Condé a eu les mains trempées de sang. En effet, sous ses ordres et avec son avale, l’armée avait violemment dispersé les nombreux militants de l’UFDG, qui s’étaient regroupés à l’aéroport de Conakry pour accueillir leur président. Et à l’occasion, les militaires avaient ouvert le feu et un jeune homme avait perdu la vie. Plusieurs autres militants avaient été blessés, alors que beaucoup d’autres furent arrêtés et condamnés par la justice d’Alpha Condé. Sous la pression sociale interne et sous les menaces de la communauté internationale, Alpha Condé s’est vu contraint et forcé de gracier ces militants condamnés ainsi que les cinq gardes de sécurité de Monsieur Diallo, qui eux aussi avaient été condamnés avant d’être radiés de l’armée. A noter que ces cinq militaires ont été mis à la disposition du candidat de l’UFDG par le gouvernement de la transition sous l’ère Konaté.

 

Le retour à Conakry de Cellou Dalein Diallo intervient, quelques semaines après le faux attentat contre la personne d’Alpha Condé. C’est ainsi, dans un contexte sécuritaire sans précédent et dans des conditions de vie difficiles qu’intervient ce come back. L’absence de l’homme commençait à inquiéter cadres et militants du parti. Il faut dire que ces derniers ont de quoi à s’inquiéter lorsque l’ont sait que Bah Oury, le vice président du parti s’est vu obligé de quitter le pays sous la menaces des hommes du pouvoir qui sont venus mettre sa maison à feu et à sac. Monsieur Bah, après un court passage à Dakar, a rejoint Paris la capitale française où il séjourne actuellement.

Le président de l’UFDG rentre au pays dans un contexte difficile et plusieurs dossiers l’attendent sur son bureau. Primo, il doit justement gérer l’absence de Monsieur Bah, qui est une force de réflexion indispensable pour le parti. Monsieur Diallo doit mettre la pression sur le régime afin de faciliter le retour au pays de son vice président, qui n’a quitté la patrie que pour sauver sa vie. Il doit exiger d’Alpha Condé et de son gouvernement des garanties sécuritaires solides pour lui-même, pour son vice président et les autres cadres et militants de son parti. C’est un facteur indispensable pour renouer le dialogue avec Alpha Condé et son régime, qui en ont tant besoin. Secundo, le patron de l’UFDG doit gérer le dossier Saliou Bella, qui est ce vice président qui a vu son tropisme changer de sens et de direction. Il s’est montré très attiré par la force transfuge du RPG. En effet, Saliou Bella s’est récemment autorisé, tout seul comme un grand, à rencontrer Alpha Condé sans consultation ni l’avale du parti. C’est un acte d’insubordination et de défiance grave. Dans un contexte où les relations entre l’UFDG et Alpha Condé sont plus qu’exécrables, cette rencontre secrète a été perçue comme une déclaration de guerre par les militants et sympathisants de l’UFDG. Ils sont nombreux aujourd’hui à exiger le départ de Saliou Bella du parti ou à défaut sa suspension à titre conservatoire de toute responsabilité et ce jusqu'à clarification. C’est donc un dossier épineux qu’il va falloir gérer avec précaution.

En outre, plusieurs chantiers attendent le président de l’UFDG. Au nombre desquels, figure en bonne place, la restructuration du parti. Monsieur Diallo doit pouvoir doter son parti d’organes et d’instances solides pour faire face à un régime sourd et aveugle. Il doit notamment procéder à la mise en place du bureau exécutif national du parti. Il y a aussi la mise en place du secrétariat national qui pourra surveiller les dossiers de chaque membre du gouvernement afin d’apporter des réponses cohérentes et argumentées face aux aberrations des politiques et mesures du gouvernement. L’autre chantier majeur, est la réorganisation du système de communication du parti afin de pouvoir mieux se comprendre dans l’opinion. Cette restructuration doit permettre au parti et ses responsables d’êtres plus audibles et de peser sur le débat. Elle permettra notamment de maitriser l’agenda politique et d’imposer le tempo. Pour l’heure, c’est Alpha Condé qui choisi pour tous, l’ordre du jour de la semaine. Au gré de ses intérêts, il impose le sujet à débattre, ce qui lui permet d’éviter d’évoquer l’essentiel, qui est le manque de résultats économiques et les difficultés de la vie dans le pays. Ces sujets qui fâchent ont tout le mal à se retrouver dans le débat national tout simplement parce que le pouvoir prend soin de les éviter, comme de la peste. C’est donc à l’opposition de trouver la bonne fenêtre de communication, qui permettra d’avoir un débat de fond sur les sujets qui touchent à la vie directe des populations, qui sont toujours en attentes des mirobolantes promesses du secrétaire général du RPG, Alpha Condé.

L’autre chantier majeur qui attend Monsieur Diallo et l’UFDG, est l’organisation des élections législatives, prévues normalement avant la fin de l’année. Monsieur Diallo et son parti doivent pouvoir peser, avec ses collègues des autres partis de l’opposition, afin d’établir des conditions saines pour le déroulement de ces élections. Ils doivent, entre autre, veiller sur la révision du fichier électoral, l’audit de ce même fichier, la neutralité de l’administration civile et militaire et des medias d’Etat. La défense des droits et libertés individuels, politiques ainsi que la liberté de la presse doit également être un de leurs combats. Sans des engagements solides du gouvernement à répondre favorablement à ces revendications, il est incongrue de s’orienter vers l’organisation de ces élections législatives, qui doivent finaliser le processus de la transition.

 

La conjonction de tous ces facteurs amène nombre d’observateurs à dire que « la tache qui attend le président de l’UFDG est grande. » Mais, l’homme a les épaules larges et solides pour faire face à des tels enjeux et relever de tels défis. Il peut aussi compter sur l’engagement et la volonté des cadres du parti ainsi que ceux de ses nombreux militants. Courageusement vôtre.

 

 

London Camara

Directeur de publication

www.guinee58.com


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