Une proposition de loi pour encadrer la location de logement

bambetoLa rentrée parlementaire a eu lieu mercredi 5 avril en Guinée. Parmi les textes sur la table figure une proposition de loi sur la réglementation des loyers et des contrats de location, car jusqu'à présent aucune législation n'existe dans ce secteur. Une partie de la société civile dénonce les difficultés de logement.

« Je suis obligé de libérer la maison. Le concessionnaire augmente le loyer de 500. Il le monte à 700 000 FCFA [1064 euros]. J’ai les yeux rouges. Le problème me prend au cou », regrette Alpha.

« J’ai été débarqué au bout de trois jours. Il a fallu que je passe la nuit au salon, chez mes parents. Comme il n’y a pas de loi en la matière, je ne peux pas me plaindre. C’est une situation banalisée par notre Etat », raconte de son côté Thierno. Comme eux, les locataires guinéens sont nombreux à dénoncer leur difficulté à se loger.

Mercredi 5 avril, des signataires de la pétition « Tous contre le loyer cher » se sont réunis au palais du Peuple, à Conakry. Tidiane Amadou Diallo est le leader du mouvement : « En Guinée, on n’a pas encore de logements sociaux. Et de l’autre côté, ceux qui ont des maisons continuent à faire la loi à la place de l’Etat. Nous voulons qu’il y ait des lois qui puissent protéger tous les consommateurs. C’est inimaginable qu’on vous demande deux ans ou trois ans d’avance, alors que le Smic c’est 440 000 FCFA [668 euros]. Comment voulez-vous vivre avec ça alors que le minimum qu’on vous demande pour une maison, c’est 400 000 ou 500 000. »

A la sortie de l'hémicycle, le député Mouctar Diallo, auteur d'une proposition de loi pour réglementer le secteur de la location, interpelle les élus, aux côtés des manifestants. « Nous espérons que le message est bien entendu parce que la précarité actuellement fait que les Guinéens subissent les caprices des bailleurs », explique-t-il.

Pour l'heure, ce texte n'est pas encore inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.

Source RFI