Le robin Togba ZOGBELEMOU embabouine !

map 1st roundDidon ! L’ancien Garde des sots, Togba Zogbelemou, enfilant son tablier de cuisine et la tête enserrée dans une hippopotamesque toque noire, nous invite à gloutonner la mangeaille qu’il a mijotée en sa nouvelle qualité de gâte-sauce du palais Gokhi Fokhè. On n’a mis du temps à accepter l’invitation mais aiguillonné par l’esprit d’écornifleur, on est parti goûter. La panade qu’offre Togba Zogbelemou est immangeable. Merde de merde ! C’est du porridge malaxé à du sucre, du « soumbara » et de piment piquant.

Mboré, ne touche pas à ça ! Lève-toi ! Lè…ve-toi ! Wallahi ! si tu t’empiffres de ce met faisandé parce que poussé par la faim, tu vas te rendre très ma…la…de.

Togba Zogbelemou s’est mis au service de Goby Condé pour la fabrication d’une nouvelle constitution qui va permettre à celui-ci de garder le trône par devers lui. Et à lire sa paperasse publiée sur les réseaux sociaux, ça saute aux yeux qu’il est du reste l’un des principaux rédacteurs de cette nouvelle constitution à proposer en référendum. L’avocaillon retors part d’une lapalissade pour dérouler son raisonnement spécieux et tenter d’inciter les internautes à applaudir l’idée de fabrication d’une nouvelle constitution :

« Aucune disposition d’une constitution ne peut survivre à son abrogation par une nouvelle constitution. »

Sur ça, on ne peut pas retoquer cette idée de l’intellectuaillon retors qui réinvente ainsi la roue. Son propos recoupe ces dires de Napoléon :

« Un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa constitution, une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures. »

Napoléon était un dictateur et ne s’en cachait pas : « Je veux bien être baptisé avec l’eau du suffrage universel, mais je n’entends pas avoir les pieds dans l’eau. »

Ainsi Togba défend mordicus que rien, absolument rien n’empêche « l’adoption d’une nouvelle constitution ». Il argue qu’aucun des candidats à la course à la présidentielle de 2010 n’avait dans son programme un projet d’une révision constitutionnelle encore moins la fabrication d’une nouvelle constitution.  Et il évoque les troubles sociopolitiques de 2013 et Ebola en fin 2014 qui « n’auraient pas permis avant 2015, année de l’élection présidentielle, d’entreprendre une initiative constitutionnelle ». Comme quoi Goby Condé ne pouvait à cette époque initier la fabrication d’une nouvelle constitution.

Togba professe que « La constitution reflète le vécu d’un Peuple, elle doit dès lors s’adapter aux réalités socio-politiques, améliorer la gouvernance du pays sur les plans politique et administratif. » Il biaise, théorise, fait de grands détours dans sa paperasse, soutient qu’aucun article de la constitution de 2010 n’interdit de forger une nouvelle constitution. Et il brandit  par conséquent l’article 51 qui ouvre effectivement le boulevard à Goby Condé dans la monomanie de celui-ci à se procurer une constitution déjetée l’autorisant à rester au kibaniyi ad vitam aeternam :

« Le Président de la République peut, après avoir consulté le Président de l’Assemblée Nationale, soumettre à référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur la protection et la promotion des libertés et droits fondamentaux, ou l’action économique et sociale de l’Etat, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité.

Il doit, si l’Assemblée Nationale le demande par une résolution adoptée à la majorité des deux tiers des membres qui la composent, soumettre à référendum toute proposition de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics ou concernant les libertés et les droits fondamentaux.

Avant de convoquer les électeurs par décret, le Président de la République recueille l’avis de la Cour constitutionnelle sur la conformité du projet ou de la proposition à la constitution.

En cas de non-conformité, il ne peut être procédé au référendum.

Lorsque le référendum a conclu à l’adoption du projet ou de la proposition, la loi ainsi adoptée est promulguée dans les conditions prévues à l’article 78 »  

L’on dira peut-être que Togba en connaît un rayon et a réussi sa reconversion professionnelle de thuriféraire et de marmiton de Goby Condé. Il conclut adroitement :

« Tels me paraissent être, dans la forme comme dans le fond, les enjeux du débat actuel qui doit rester concentré sur la question d’une nouvelle constitution, question à ne pas confondre avec celle d’une éventuelle candidature du Président en fonction à un troisième mandat. Le Président en exercice ne s’étant pas encore prononcé sur la question, le débat sur ce point se fera en temps opportun. »

Le robin Togba Zogbelemou embabouine, entortille les internautes. Mais il ne peut pas trouver créance en Guinée. C’est un intellectuaillon retors, malhonnête. Pourquoi ? Parce que dans son raisonnement cauteleux, il écarte sciemment le fait que Goby Condé avait été parachuté au pouvoir sur la base de cette constitution qu’il a juré la main sur le palpitant de respecter scrupuleusement et de faire respecter. L’on est d’accord qu’une constitution est une œuvre humaine donc imparfaite. Aucune constitution n’est intemporelle. Mais là ! Goby Condé, pendant sa cérémonie d’investiture face à M. Kéléfa Sall, président d’alors de la Cour constitutionnelle, et face aux Guinéens, avait juré de respecter la constitution. S’il se prévale aujourd’hui de l’article 51 pour s’intituler « président à vie », il va se rendre coupable d’un parjure. Que prévoit la loi en cas de parjure commis par Goby Condé ? Est-ce qu’on pourrait le poursuivre devant une instance juridique continentale ou internationale pour parjure ?

L’on dira ainsi qu’avec l’article 51 que le compteur du mandat présidentiel est remis à zéro. Avec l’article 51, Goby Condé, parti pour le pèlerinage de la Oumra à la Mecque, serait comme un serpent qui va se muer. Comme s’il n’a jamais dirigé la Guinée. Il deviendrait Gobykhamé new look avec la volonté de briguer deux mandats à la tête de la Guinée après la fin de son deuxième et dernier mandat en 2020. L’article 51 lui accordera sur un plateau d’or tout ce qui est nouveau. C’est la vache entourloupette que nous réservent les promoteurs combinards de mandats supplémentaires pour Gobykhamé.

Soyons sérieux ! La situation délétère dans laquelle se trouve aujourd’hui la Guinée ne faciliterait pas l’organisation d’un référendum dans la paix et la sérénité. C’est faire courir à la Guinée le risque d’un embrasement tournant à la guerre civile, d’un affrontement sanglant que d’envisager un référendum en vue de maintenir Goby Condé au trône. Il reste buté sur son appétence pour le pouvoir. Il souffre d’érotomanie. Il est sûr que les Guinéens dans leur majorité le soutiennent dans sa folie de s’intituler président à vie. Pourquoi il interdit alors à la minorité des Guinéens à Cona-cris et à l’intérieur du bled de manifester pacifiquement leur désaccord dans la rue ? C’est inadmissible de dérouler le tapis rouge aux souteneurs d’une présidence ad vitam aeternam pour Goby Condé ; et interdire en même temps dans le pays toute contre manifestation.

Honte à Togba Zogbelemou qui, en tant qu’ancien ministre de la justice, n’a même pas eu l’élégance intellectuelle d’analyser dans sa paperasse les circonstances dans lesquelles Kéléfa Sall a été débarqué de la présidence de la Cour constitutionnelle avant d’invoquer l’article 51.

Afakoudou ! Togba est malhonnête intellectuellement parlant. Il s’arcboute contre l’article 51 et se met à plat ventre devant Goby Condé qui veut imposer aux Guinéennes et aux Guinéens une constitution déjetée.

Et montant sur les planches, ce mercredi 29 mai 2019, Ibrahima Kassory Fofana, le playboy du gouvernement et premier ministre, annonce qu’il est à sang pour sang pour la confection d’une nouvelle constitution. Sans ambiguïté : « Sur le référendum, je réponds doublement. Oui en tant que citoyen et oui en tant que Premier ministre. »

Faut-il encore douter  que Gobykhamé et ses acolytes traficotent dans l’ombre un obscur projet de référendum ? L’on est à moins de dix sept mois du deuxième et dernier mandat de Goby Condé. Il faut sortir l’artillerie lourde pour contrer sa velléité à confisquer le pouvoir. Les partis de l’opposition doivent s’unir à la société civile pour barrer la route à Goby et Kassory qui ont un cadavre dans le placard. Il faut absolument une unité d’action pour les faire reculer.

Le gâte-sauce du palais Gokhi Fokhè écrivasse :

« La constitution reflète le vécu d’un Peuple, elle doit dès lors s’adapter aux réalités socio-politiques, améliorer la gouvernance du pays sur les plans politique et administratif. »

Franchement l’on n’a cesse de se creuser la tête pour comprendre le sens de ce propos. Dans notre entendement, ça ouate la visée d’un pouvoir absolu à la sékoutouréenne. C’est une phrase qui donne la chair de poule. Si vous le rencontrez dans les rues de Cona-cris, arrêtez-le et demandez-lui ce qu’il a voulu dire par là. Est-ce qu’il serait partisan d’un pouvoir absolu en Guinée ? Qu’est-ce qu’il pense de la dévolution du pouvoir par l’alternance démocratique ? Combien de francs glissants a–t-il engrangés en participant à la rédaction de cette nouvelle constitution commanditée par Gobykhamé ? Tendez-lui le micro !...

Il faut impérativement déscotcher Goby Condé du trône et asseoir l’alternance démocratique au pouvoir, planche de salut de la Guinée et des Guinéens pour sortir de l’ornière et s’engager dans la voie du développement. Goby Condé et sa coterie enfoncent chaque jour que Dieu fait la Guinée et les Guinéens dans la paupérisation et la mouise. Le problème de la Guinée est une question de personne physique, de compétence, de capacité. Tous ces baltringues, qui occupent dans le régime de Goby Condé des postes de responsabilités juteux, n’ont qu’une chose en tête : s’enrichir. Ils s’en fichent du sous-développement de la Guinée et des Guinéens. Dans leur tête, ils se disent que s’ils continuent à trôner à des postes juteux de régime politique en régime politique ou de gouvernement en gouvernement jusqu’aujourd’hui ce qu’ils ont la baraka de leur mère et de leur père. Les autres guinéens sont des imbéciles, des schnocks, et des maudits. Et ils croient foncièrement que le journaliste Jean-Baptiste Placa à RFI est vraiment un étourdi quand il paraphe : « L’éternité en enfer, est invariablement à un point que ne devinent pas ceux qui monopolisent le paradis. »

Dans leur paradis à eux, ces intellectuaillons retors, qui grenouillent dans les rouages du Palais Gokhi Fokhè, du gouvernement et de l’administration guinéenne, sont impassible face à cette vie d’enfer que mènent les Guinéens. Ils sont tellement plongés dans leur vie paradisiaque que l’épiphanie de la misère autour d’eux les indiffère.

Ecoutez ! Elèves et étudiants et jeunes de Guinée. Je m’adresse à vous. Allabé Annabé ! Ne soyez pas une bonne poire pour Goby Condé, pour Ibrahima Kassory Fofana, pour Kiridi Bangoura, pour Amadou Damaro Camara, pour Mody Mouchard Diallo, pour Alhousseyni Makanéra Kaké, pour Togba Zogbelemou et consorts. Soyez rétifs et qu’ils ne vous mènent pas par le bout du nez. Ces intellectuaillons retors vous parlent du panafricanisme, qui ne figurerait pas dans la Constitution de 2010, comme un argument de poids pour fabriquer une nouvelle Constitution dans laquelle le panafricanisme prendrait toute sa place.

Vous savez il n’y a pas plus insultant que quand on sous-estime votre comprenette et qu’on cherche à vous mener par le bout du nez. Surtout en milieu estudiantin.

Ces intellectuaillons retors vous parlent de panafricanisme comme si c’est ça qui a calé le bled ces trente cinq dernières années l’empêchant du coup de décoller économiquement et de se développer. Qu’on ne vous embobine pas avec la dialectique du panafricanisme !

Sékou Touré n’était pas plus panafricaniste que ses pairs de l’époque. Il n’était pas plus panafricaniste que Félix Houphouët-Boigny. Il n’était pas plus panafricaniste que Mathieu Kérékou. Il l’était encore moins que Kwamé Nkrumah. Le panafricanisme ouatait un proxénétisme pendant la Révolution sékoutouréenne. On jetait dans les lits des cavaleurs étrangers de passage en Guinée de pauvres petites filles au nom du panafricanisme. Les parents de ces jeunes filles mignardes qui rouspétaient vertement étaient directement envoyés au camp Boiro avec la grave accusation de conspirer contre la Révolution. Le panafricanisme pendant la Révolution sékoutouréenne se résumait au sexe. Les révolutionnaires guinéens étaient trop obnubilés par leur satyrisme pour consacrer leur précieux temps au développement de la Guinée et des Guinéens. Au point que dans beaucoup de famille on ne savait pas qui était le fils de qui. Et aujourd’hui on fait recourt à la physiognomonie pour établir une filiation  entre tel rejeton et telle ancienne canaille de la Révolution. C’est ça leur panafricanisme. Et ça manque à tous ces intellectuaillons retors qui ne pensent qu’à leur bien être personnel et à s’envoyer en l’air. Merde avec votre panafricanisme déjeté. On veut maintenant le développement économique et social de la Guinée et des Guinéens. On veut de bonnes universités comme en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Ghana où des professeurs émérites imbus de pédagogie et de solides connaissances inculquent ce qu’ils savent aux étudiants. Actuellement le régime de Goby Condé impose aux élèves et étudiants du bled  des savoirs de quatre sous.

Dites que ça suffit !

C’est par vous que l’alternance démocratique se réalisera, si Dieu le veut, en Guinée. Je crois en vous plus qu’à tout autre chose. Vous, seuls, serez capables de déscotcher Goby Condé du trône et initier pour la première fois la dévolution démocratique du pouvoir.

Elèves et étudiants guinéens, jeunes diplômés sans emploi, chômeurs de longue durée et désœuvrés ! Je m’adresse directement à vous à travers ce canal. J’en appelle à votre prise de conscience sur la gravité de la situation sociopolitique guinéenne. J’en appelle à votre mobilisation pour amener Goby Condé à respecter son serment et à quitter le pouvoir en 2020. J’en appelle aux Coordination des Etudiants de Kankan et de Kindia (CEK), à la Coordination des Etudiants de Conakry (CEC), à la Coordination des Etudiants de Labé (CEL), à toutes les coordinations estudiantines du bled, à toutes les associations des élèves guinéens à se mobiliser pour empêcher la confiscation du pouvoir par Goby Condé et sa coterie.

Elèves et étudiants guinéens, jeunes diplômés sans emplois, chômeurs de longue durée et désœuvrés ! Vous serez la cheville ouvrière du changement politique en Guinée. Et on attend ce moment depuis belle lurette. L’occasion est aujourd’hui venue de vous lever, de vous unir comme un seul homme et d’exiger le respect de la parole donnée sous serment. Et ce jour fera date dans l’histoire démocratique du pays. Et demain se prépare aujourd’hui même.

Mobilisez-vous ! Et mobilisez les femmes de Cona-cris, de Kindia, de Labé, de Kouroussa, de Mamou, de Pita, de Siguiri, de Mandiana, de Kankan, de Dabola, de Dalaba, de Koundara, de Boké, de Boffa ! Qu’elles attachent leur pagne ! Tous vent debout contre le maintien de Goby Condé au trône après 2020. Pas de répit tant que l’affaire n’est pas dans le sac.   

 Benn Pepito