« Nous avons suivi toutes les procédures…» se justifie Atoumane Sy, de MSS LLC, la société américaine qui a transporté les 20 millions $, interceptés à Dakar

atoumane_sy_mssPour en savoir plus sur le transport à la City Bank de New York, des 20 millions de dollars appartenant à la Guinée saisis à Dakar par la douane sénégalaise en août dernier, l’hebdomadaire satirique guinéen, Le Lynx a rencontré Atoumane Sy, représentant de la société américaine qui transportait ce fond, MSS (Managed Security Services LLC). Selon lui, MSS a suivi toutes les procédures liées au « transport légal » de ces fonds. MS Security ne travaillerait même pas avec des particuliers. La société ne transporte que de fonds appartenant à des institutions ou à des sociétés minières. Atoumane Sy insiste à dire qu’il n’y pas eu de saisie de fonds à Dakar. « Le premier qui me sort un document de saisie, je lui offre 20 millions de dollars » a-t-il affirmé dans l’interview.

Le correspondant de Guinée58.com à Conakry nous a permis de partager avec vous cette exclusivité. Bonne lecture !

 

Le Lynx : Le 23 août dernier, un article du journal « Le Quotidien » de Dakar a révélé que la douane sénégalaise a saisi 10 millions de dollars soit 4 milliards de francs CFA qui appartiendraient au Président guinéen Alpha Condé. C’est votre société qui transportait ces fonds …

 

Atoumane Sy : Il est bon de rétablir les faits. Ce qui s’est passé, c’est que nous sommes en relation avec la Banque centrale de la République de Guinée, pour le transport de ses devises vers ses correspondants étrangers. Quand nous avons démarré les opérations, nous avons jugé utile de choisir la compagnie aérienne avec laquelle nous allons travailler. Nous avons choisi Emirates, pour plusieurs raisons. La première opération s’est déroulée dans les meilleures conditions possibles, mais avec l’épidémie d’Ebola en Guinée, la situation a changé. Emirates a décidé de suspendre ses vols sur la Guinée. Or, il fallait faire des opérations. Comme on ne savait pas quand est-ce que Emirates va reprendre, on a cherché une alternative. La plus simple qu’on avait trouvée, c’est d’affréter un avion qui va arriver à Dakar avant le départ d’Emirates, pour nous permettre de continuer. Cette option a été acceptée et nous avons organisé une mission le 8 août 2014.  Mais avant même de parler d’information, je veux préciser que ce service étant notre domaine d’activité, puisque nous travaillons avec beaucoup de pays, on est censé connaître ce que dit la législation douanière par rapport à tout le processus. Je vous signale aussi qu’au Sénégal, l’importation de devises est libre. Tu peux prendre 100 millions de dollars et les amener au Sénégal. L’importation de devises y est totalement libre, nous y allons juste pour un transit. Donc, ce que la loi nous exige, c’est de faire une déclaration ne serait-ce que verbale au niveau de la douane sénégalaise. Cette parenthèse fermée, deux jours avant le 8 août donc, nous avons par l’intermédiaire de notre transitaire à Dakar, pris l’attache de la subdivision des douanes de l’aéroport de Yoff, pour les informer que nous allons passer en transit le 8 août avec 20 millions de dollars de la BCRG, qui doivent continuer à Dubaï sur la compagnie Emirates. Toutes les dispositions ont été prises. Nous avons quitté ici le vendredi 8 août, à Dakar on a été accueilli à la piste par les agents de la subdivision des douanes de l’aéroport, qui nous ont escorté jusqu’à la zone de transit pour pouvoir faire les formalités et continuer sur Emirates. Nous avons donc suivi toutes les procédures. Le colonel chef de la subdivision des douanes de l’aéroport de Dakar, nous a demandé, ce qui est très normal, de lui permettre de faire une copie de la déclaration en douane. Nous lui avons remis la déclaration et la demande d’exportation des devises adressée à la douane guinéenne. L’agent qui est parti faire les copies est revenu pour dire qu’il y a des détails qu’il ne comprend pas. Parce que sur la demande, nous avons précisé que nous avons un total de 58 millions de dollars à transporter et que nous allons le faire par tranche de 10 millions de dollars. Mais-là, on a 20 millions et on a fait aussi une déclaration de 20 millions. Je précise que du moment que la Banque centrale met à notre disposition 58 millions à transporter, ce qui est important pour la Banque, c’est que le montant arrive à destination dans de bonnes conditions. Nous pouvons le faire par tranche d’un million, 50 millions ou moins, c’est notre organisation interne. Cela ne pouvait même pas avoir d’impact sur l’opération.

 

Qu’est-ce qui était signé dans le contrat ?

 

Sur le contrat on ne précise pas de montant, parce que nous n’avons pas un contrat pour transporter 58 millions. Nous avons un contrat pour transporter les devises de la Banque centrale de Guinée, chaque fois qu’on en a besoin. Aujourd’hui, si la Banque centrale a d’autres devises, elle va nous demander de les transporter. Sur le contrat, il n’est pas dit qu’il faut transporter par tranche de 10 millions ou autres. La banque peut avoir deux millions à transporter ou trois millions. Sur le contrat, on ne précise pas le montant à transporter. La Guinée est un pays organisé, on ne peut pas prendre des devises, de l’or ou autre chose, mettre dans son sac et partir, même si c’est la Banque centrale. Il faut une déclaration en douane et pour faire une déclaration, il faut que la Banque adresse une lettre à la direction générale de la douane. Donc, c’est cette lettre-là qui indiquait qu’on allait transporter par tranche de 10 millions, les 58 millions de dollars. A chaque fois qu’on transporte 10 millions, la douane impute 10 millions. Si demain on fait 20 millions, la douane imputera 20 millions jusqu’à ce que tout le montant soit transporté. Si on veut faire un autre transport, on est obligé de faire une nouvelle demande.

Donc, quand cette situation est arrivée, le colonel sénégalais a dit au douanier que même si c’est ça, légalement, il n’y a pas d’infraction parce qu’ils sont juste en transit. L’agent a insisté. Ils ont jugé nécessaire de contacter leur Directeur régional qui, aussi, a voulu se référer à sa hiérarchie. On était vendredi à 18 heures. Le temps pour eux de se référer pour voir ce qu’il faut faire, l’avion ne va pas nous attendre. L’avion est donc parti. La douane a eu le temps de faire ses vérifications avec la douane guinéenne, la Banque centrale. C’est normal que les gens soient prudents. Car, il y a des gens aujourd’hui qui peuvent vous faire n’importe quel document. Donc, il est normal de vérifier l’authenticité des documents. Il y a eu juste un contrôle qui s’est effectué.

 

Pourquoi la Banque Centrale n’a pas réagi aussitôt avant l’article de « Le Quotidien » ?

 

Mais est-ce que du 8 au 23 août, quelqu’un ici a parlé de l’argent saisi ? Il n’y a pas eu de saisi. On ne peut pas faire de communiqué sur un fait qui n’existe pas. La Banque communique lorsqu’il s’agit d’un problème terrible ou lorsqu’il s’agit d’une information nécessaire à porter à la connaissance de la population. La Banque Centrale gère, je crois, les fonds du public par le biais du trésor. Mais les fonds n’étaient pas inquiétés, le parcours n’était pas inquiété non plus. Les gens ont raconté disant que c’est un incident. En fait, il n’y a pas eu de saisie en temps que telle. Parce que la saisie, qu’elle soit administrative ou judiciaire, résulte d’une décision interdisant au propriétaire d’aller avec les fonds ou de les bloquer, d’immobiliser, si c’est un équipement, ledit équipement. Mais tel n’est pas le cas. Il y a eu un contrôle de routine parce qu’une documentation a attiré l’attention d’un douanier qui n’a pas bien vérifié les fonds, sinon la déclaration était normale. Je vous dis encore qu’en zone de transit, il n’y a pas de déclaration à faire. C’est pourquoi, la douane vient accueillir l’équipe qui transporte les fonds pour la conduire jusqu’au transbordement afin d’éviter que lesdits fonds ne rentrent sur leur territoire, parce que cela ne serait pas dédouané. Le transit, c’est le passage d’une marchandise en zone dans un état non dédouané. Là où il y a eu le hic qu’il faut vous expliquer, et qui est très important, c’est que pourquoi 20 millions de dollars ? C’est là où le douanier n’a pas compris. Le premier document qu’il a vu, la demande d’exportation, indique 10 millions, alors qu’il y a une déclaration douanière régulière qui est faite à la douane guinéenne qui est une obligation. Parce que pour que ça sorte, il faut qu’il y ait une déclaration basée sur un contrat qui est-là. Le contrat ne définit pas le montant. C’est un contrat de transport. Quand vous avez un contrat pour dire que M. X est chargé de transporter toutes mes marchandises jusqu’au site, c’est terminé, vous ne pouvez pas dire 20 parce que si vous finissez les 20 marchandises, cela veut dire que l’opération est terminée. Il y a donc un contrat qui ne définit pas le montant, mais pour l’opération de transport de fonds, il faut une déclaration régulière. Non seulement le document de base était là et les déclarations des 20 millions sont tout à fait normales, mais comme l’agent de douane n’a pas approfondi les questions, (il devrait interroger celui qui lui a remis les fonds,  on lui aurait montré ceci ou cela, c’était simple). Il a même sauté sa hiérarchie de l’aéroport pour informer plus haut. Je ne sais pas pourquoi, je ne connais pas leur procédure et je ne fais pas de commentaire…

 

Mais on parle de 58 millions de dollars et 20 millions d’euros à transporter …

 

Il y a une lettre qu’on adresse à la Direction générale des douanes pour dire que nous aurons à transporter 58 millions de dollars par tranche de 10 millions. Nous sommes dans la devise dollar. Par cela, la douane a cette déclaration initiale. Cela veut dire quoi ? Que notre opération, s’il y a une nouvelle déclaration, nous ne pouvons pas transporter plus que 58 millions de dollars. Par sommation, chaque déclaration, chaque sortie par tranche de 10 qu’on a déclarée pour le premier temps, parce qu’Emirates partait d’ici tous les jours presque, ils regardent, ils font la sommation des déclarations par tranche de 10. Quand cela va atteindre les 58 millions de dollars, on ne pourra plus partir. Le 59ème million ne partira pas. Lorsqu’il y a eu ce problème d’Ebola qui a fait qu’Emirates ne vient plus à l’aéroport de Conakry, et l’opération ne pouvant pas s’arrêter, parce que la Banque centrale ne peut pas arrêter l’une de ses fonctions essentielles, c’est-à-dire couvrir les besoins de l’Etat et des banques à partir des opérations de l’extérieur, il fallait encore alimenter ses comptes. L’alimentation des comptes se fait de façon physique. Ce n’est pas électronique comme les gens font la confusion entre transfert ou virement et transport de fonds. Vous ne pouvez pas rester dans votre maison et envoyer 100 mille francs sur votre compte par le biais électronique. Vous êtes à Ecobank ou à la BICIGUI, il y a le net, il y a l’Internet banking, mais vous ne pouvez pas le faire, car vous êtes obligés de venir verser les fonds là-dessus et maintenant ordonner des transferts ou émettre des chèques au besoin. Et dans le cas de la BCRG, quand elle finit les collectes de fonds, ce sont ces fonds collectés par les banques à travers leurs clients et comme ceux-ci ont des opérations à l’extérieur telles que le paiement des dettes et autres, la Banque Centrale dit à la City Bank : par le débit de notre compte, couvrez telle opération pour le compte de tel dans telle autre banque. Et il y a le jeu d’écriture qui se fait là-bas, entre ces deux banques. Mais cela veut dire qu’il y a le physique qui existe au départ, qui est la contrevaleur. Lorsque vous n’avez pas la contrepartie de cette valeur, vous ne pouvez pas ordonner, l’opération ne peut pas se faire. Les gens doivent comprendre la différence entre le transfert de fonds et le transport.

 

Ce qu’on ne comprend pas, quand Emirates a suspendu ses vols en Guinée début août, pourquoi MS Security n’a pas négocié par exemple avec Air France qui continue à desservir la Guinée au lieu d’affréter un petit avion pour Dakar ?

 

MS Security a une base à Dubaï et il a un centre de traitement, de tri là-bas. Les fonds pris en charge ici sont traités à Dubaï et peuvent être reconditionnés avant de faire le versement au guichet des correspondants de la BCRG. Air France ne quitte pas Conakry à destination de Dubaï. Or, la BCRG a un délai pour que les fonds soient à ses comptes. C’est pourquoi nous avons choisi Emirates.

Mais il y a une confusion que les gens font. Ce qu’ils ignorent, c’est que même la Banque Centrale ne nous indique pas l’itinéraire à suivre. Non ! Nous avons un contrat qui dit que les fonds vont quitter un point A vers un point B. Si on s’y rend en calèche, en vélo, à moto, c’est à nous de juger. Il y a un autre élément qu’il ne faut pas négliger. On ne peut pas mettre nos procédures sur la place publique.

 

Pourquoi 20 millions de dollars au lieu de 10 ?

 

Ce qui s’est réellement passé, même sur RFI, nous l’avons expliqué. Les envois par tranche de 10 millions étaient prévus lorsque les vols d’Emirates étaient réguliers à partir de Conakry. Pourquoi les 20 millions ? Parce que les vols d’Emirates sont suspendus sur Conakry et MS Security, pour ne pas arrêter ses obligations, s’est vu obliger d’affréter un petit avion pour rallier Dakar. Cela a un coût. Pour rentabiliser cet affrètement, MS Security a demandé et obtenu de la Banque centrale d’envoyer 20 millions au lieu de 10 par voyage. Et c’est ce qui a été fait. La déclaration est conforme à cette demande à la Douane guinéenne et les documents existent. C’est comme cela qu’il a été question des 20 millions de dollars.

 

Cet argent appartient réellement à qui ? Au Président Alpha Condé ?

 

Non ! A ce que je sache, le Président de la République de Guinée ne commande pas la Banque centrale comme il commande la Présidence. De par son appui lui-même, la Banque centrale est aujourd’hui autonome. La BCRG a la pleine autonomie administrative et financière. La loi 016 du 2 juillet 2014, je crois, consacre cela. Je vous le dis une fois encore que ces fonds sont issus de la collecte des fonds des Banques primaires, les couvertures sont faites pour les comptes de ces différentes banques et la Banque centrale elle-même pour le compte de l’Etat. Les paiements de la dette extérieure sont effectués par la Banque centrale. Ce n’est pas du tout des fonds du Président de la République de Guinée. Si c’était le cas, on aurait dû exhiber son compte parce qu’il en a.

Je fais aussi la remarque que le bon sens aurait pu indiquer aux gens qu’un Président de la République, s’il veut transporter des fonds, il ne va pas faire appel à une société privée. Une société privée se fait contrôler par la Douane, le Président de la République ne se fait pas contrôler. En toute logique. Et puis, le transport de fonds, de devises fait partie de notre métier. Ce n’est pas en Guinée seulement que nous le faisons. Nous le faisons dans d’autres pays et là-bas, on ne dit pas que c’est un fonds du Président de la République. Je précise aussi que quand la Banque décide de transporter des fonds, quand on vient chercher le fonds, ce n’est pas le Gouverneur de la BCRG ou son Directeur juridique qui va nous donner l’argent. Chaque fois que la Banque décide de transporter des fonds, elle nous informe et elle constitue une commission chargée de superviser l’opération de bout en bout. Il y a une commission dirigée par un des directeurs généraux de la Banque centrale et où tous les services de la Banque centrale sont représentés et il y a également un officier représentant la Douane. Ce sont des opérations qui se passent en toute transparence, mais qu’on ne peut pas dire au grand public. Un Etat a besoin de cette confidentialité-là.

Je pense qu’il faut être un mauvais voleur pour informer l’administration des douanes, pour prendre une société privée, pour pouvoir transporter des fonds…

 

Transportez-vous des fonds pour des particuliers ?

 

Nous ne traitons ni avec l’Etat, ni avec le Président de la République. Nous MSS, nous n’avons même pas de contact avec le Gouverneur de la Banque centrale. Je ne vois pas comment, quelqu’un qui n’a pas de contact avec le gouverneur de la Banque centrale peut avoir une relation avec le Président de la République. Parce que la Banque centrale est une institution organisée. Nous ne travaillons pas pour des particuliers, ni pour le transport de fonds, ni pour le transport de valeur (diamant, or). On a d’autres services que nous offrons aux particuliers. Un particulier qui veut une sécurité rapprochée, ça c’est autre chose, mais pour le transport des fonds et de valeurs, nous travaillons avec les clients institutionnels, particulièrement les Banques et les sociétés minières.

 

Le contrat que vous avez signé avec la Banque centrale de la République de Guinée a commencé quand et vous étiez à quelle opération de transport lorsque cette affaire de saisie de millions de dollars a éclaté à Dakar ?

 

Nous avons un contrat depuis juin 2014. L’opération dont on parle est la deuxième. La marchandise n’a pas été saisie, j’insiste. L’administration des douanes sénégalaise n’a pas ouvert les colis. Les marchandises sont restées à notre disposition pour le temps du contrôle et après ce contrôle, on les a gardées jusqu’au prochain vol de Emirates, pour les embarquer. Le premier qui me sort un document de saisie, je lui offre 20 millions de dollars.

La loi portant statut de la Banque centrale de la République de Guinée, la loi L2014/016/Assemblée nationale du 2 juillet, stipule en son article 6 relatif à ses principes et à son fonctionnement que : « Dans l’accomplissement de ses missions et dans l’exercice des pouvoirs qui lui sont conférés par la présente loi, la Banque centrale, ses organes, un membre quelconque de son organe et les membres de son personnel, ne peuvent ni solliciter, ni accepter des instructions de la République, de tout autre organe ou organisme de l’Etat ou de toute autre personne. Ces derniers ont l’obligation de respecter ces principes et de ne pas chercher à influencer la Banque centrale, ses organes, les membres de ses organes et son personnel dans l’accomplissement de leur mission. Personne n’interfère dans l’exercice de ses activités, sauf ses organes à elle, comme le Conseil d’Administration et le cabinet de M. le Gouverneur.

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Après tout cela, où en est-on avec le droit de réponse que vous avez réclamé au « Quotidien » de Dakar qui avait publié le premier article relatif à l’opération ?

 

Vous allez m’excuser, mais je vais titiller la presse. Aujourd’hui, on vit un phénomène assez terrible, la crise aidant, malheureusement, les journaux courent après le fameux scoop au détriment de toute règle d’éthique et de déontologie. Je pense que pour faire plus simple, un journal qui a une telle information, au Sénégal, la direction des Douanes dispose d’une cellule de communication qui travaille même le weekend, pourquoi ne pas s’adresser à cette commission pour confirmer ou infirmer l’information ? Nous avons donc exigé du Quotidien, la publication d’un droit de réponse à la même place, c’est-à-dire en première page avec des excuses au Président de la République de Guinée. Ceci n’a pas été encore fait. Et aujourd’hui, nous sommes en droit d’intenter une action judiciaire. Vous serez édifié dans les prochains jours sur les procédures qui ont été engagées. Je vous confirme que pour rien au monde, nous ne reculerons. Ce n’est pas, disons, pour casser un journal, mais nous tout comme la Banque Centrale, nous avons une image à préserver. Aujourd’hui, on nous oblige à communiquer. Ce qui n’est pas dans nos habitudes. Nous ne pouvons pas communiquer sur des choses très sensibles. Nous ne pouvons pas étaler sur la place publique des procédures qui doivent rester confidentielles.

 

Avez-vous quelque chose à dire qu’on n’a pas abordé au cours de cet entretien ?

 

Il faut comprendre que l’argent doit venir de quelque part et physiquement.

La Banque Centrale doit obligatoirement déplacer ses devises pour alimenter ses comptes et couvrir ses opérations.  La BCRG ouvre des comptes dans des banques comme vous et moi. Le principe de fonctionnement d’un compte bancaire est universel.

 

Mais d’où vient cet argent-là ?

 

Vous le vivez au quotidien. Je vais vous dire une chose ici. Combien de commerçants ici sont dans le diamant ou l’or ? Le commerce de l’or et de diamant est réglementé et c’est géré aussi par la Banque centrale. Toute personne qui prend de l’or ou du diamant ici pour vendre à l’étranger, a l’obligation de rapatrier le fruit de la vente. Quand ces devises reviennent, la Banque centrale les récupère. Elle va continuer à les garder dans ses coffres éternellement? Si oui, alors les rats vont s’en nourrir.

Donc, c’est malheureux qu’un journaliste écrive sans essayer d’aller prendre à la source la bonne information. C’est malheureux aussi que les gens aient mal interprété tout ce qui s’est passé. Mais au moins, cela va permettre à certains de comprendre certains mécanismes. Cela a permis à certains de maîtriser certains mécanismes. Mais je vous dis que la Banque centrale comme toutes les autres banques font tous les jours des transports de devises, au plan local comme au plan international. Elles importent comme elles exportent en fonction de la loi des changes dans leurs pays d’exercice. Mais parfois, les gens refusent de faire preuve de bon sens. Je ne rentre pas dans certaines considérations. Retenons seulement que ce sont des opérations qui se font tous les jours et dans tout le monde. Même la Federal Bank aux Etats-Unis fait des importations et des exportations de devises tous les jours que Dieu fait. Pour l’année 2013 seulement, nous MSS, on a transporté pour 1,5 milliards de dollars. Il y a d’autres qui ont transporté dix fois plus.

Je vous remercie donc de nous avoir donné l’occasion de donner plus d’explications pour ceux qui veulent bien comprendre. Parce que quelle que soit l’explication et les documents, les gens de mauvaise foi continueront à mettre du vent dans l’esprit des autres.

 

Source le Lynx