Guinée : le discours démagogique de Gassama Diaby, ministre de l’Unité Nationale et de la Citoyenneté

Saliou Bobo Taran 2Le 10 février 2018, Gassama Diaby ministre de l'Unité Nationale et de la Citoyenneté sillonne les sièges des partis politiques à Conakry pour menacer les responsables de l'opposition politique à travers un discours démagogique et populiste.

Il promet de les traduire devant la Cour Pénale Internationale (CPI) au moyen d'une cellule ou commission technique qui surveillera désormais la conformité des déclarations des opposants. L’idée est réjouissante, mais le constat est triste.

Le ministre Gassama parle dans le déni total de la réalité politique guinéenne. Quant à l’opposition, elle parle des faits réels et Lénine disait, « les faits sont têtus : vous êtes confrontés aux faits, prenez-en-acte » ! Discrédité par la politique répressive et haineuse de l'État qu'il sert, le ministre Gassama, n'est plus à la bonne place pour donner des leçons vertueuses aux responsables dignes du peuple de Guinée.

Pour illustrations : où était le ministre Gassama lorsque des dirigeants RPG tiennent des propos violents à l'encontre de l’opposition ? Où était le ministre Gassama lorsque des citoyens ont été égorgés à Zogota, en Guinée Forestière? Où était le Ministre Gassama, lorsque plus de 87 militants de l’opposition ont été assassinés par les forces de l’ordre et que le procureur refuse les plaintes de l’opposition? Qu'attendez-vous pour inciter votre collègue ministre de la "Justice" à déclencher la procédure accélérée que vous réservez à l'opposition, afin d’ouvrir le procès des massacres au stade du 28 septembre en Guinée ?

Monsieur Gassama le peuple de Guinée a pris la mesure de votre réelle envergure, mais il est temps que "la jeunesse de Guinée se lève pour exiger la vérité des urnes". A l’occasion de chaque élection (2010, 2013, 2015 et 2018), la Guinée délivre une très mauvaise jurisprudence dans la sous-région.

Le peuple de Guinée ne reculera plus jamais face à vos menaces. Il défendra sa victoire acquise dans les urnes, quel qu'en soit le prix. Il y a eu trop d'injustices répétées. Trop c’est trop.

Saliou Bobo Taran DIALLO

Avocat au Barreau de Paris

Docteur en droit