Les dépravations du régime de Sékou Touré

sekou toureLe caractère dictatorial, les violations des droits de l’homme durant le règne de Touré et de sa famille sont établis de façon irréfutable.

Toutefois, la nature corrompue du régime, ainsi que la vénalité généralisée du système du PDG n’ont pas été suffisamment mises en évidence.  Ainsi, les acolytes et autres thuriféraires de Sékou Touré continuent à le présenter comme un homme au goût simple, garant de l’inviolabilité du bien public et des ressources naturelles de la Guinée.  

En réalité, du temps du PDG, le bien public ne fut en rien sacré. Sékou en personne et les membres de sa famille instaurèrent le pillage de la Guinée.

Contrairement à ce que les tenants du PDG avancent, il n’y avait pas de boycott économique de l’occident. Au contraire l’occident et les pays de l’Est avaient bien investi en Guinée. A la chute du PDG, la Guinée était exsangue. L’état de l’économie guinéenne à la fin du PDG était dû au pillage sauvage des ressources financières et minières du pays par Sékou et sa famille. Le régime exerçait un pouvoir absolu sur le pays. Pour couvrir leurs crimes économiques, Sékou et son clan instaurèrent un système de totale impunité pour tous les pilleurs des biens de l’état à condition qu’ils montrent une allégeance au régime et chantent la gloire du président. Cet état de fait perdure encore de nos jours.  Par contre, les cadres qui montraient de la probité dans la gestion des biens publics, ceux qui faisaient fi des biens publics ainsi que d’entrepreneurs compétents furent les principales victimes du PDG. Les exemples abondent de détournements qui défrayaient la chronique durant le régime du PDG et d’homme intègres qui périrent sous le régime du PDG. Nous aurons l’occasion de documenter quelques épisodes.

Dans ce qui suit, nous présentons un exemple pour illustrer la concussion et de la corruption du clan familial des Touré.

La Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) fut créée en 1963. Elle commença à produire et à exporter de la bauxite de Boké en 1973. Lors d’une conférence à la Maison de la Presse le 18 juin 2016, un Directeur Général de la CBG, M. Namory Condé dit que la CBG verse à l’état guinéen, 150 millions de dollars par an depuis1973 (environ 870 millions de dollars de nos jour). En fait, sous le régime Touré ce versement était de 240 millions de dollars par an (soit 1,4 milliards de dollars de nos jours).  Ainsi, à la mort du dictateur en 1984, l’état guinéen avait perçu plus de 2, 5 milliards de dollars de royalties de la CBG (environ 14,5 milliards aujourd’hui).

On peut se demander où sont passés ces revenus importants. Car, durant la période de 1973 à 1984, le régime du PDG n’a mis en place aucune infrastructure en Guinée.

A la fin du règne du PDG, le Palais des Nations fut donné par la Corée du Nord. Les villas de l’OUA furent offertes par le Roi Hassan II du Maroc.  

Quiconque a visité la Guinée après la mort du dictateur en 1984, était choqué par le spectacle de dépravation et la misère généralisée que le pays offrait. La malnutrition était évidente. Les citoyens étaient amaigris. Les infrastructures routières, sanitaires et scolaires étaient inexistantes ou délabrées quand elles existaient. En 1984, j’ai fait deux jours pour couvrir les 376 km de Conakry à mon Pita natal.

Il est donc évident que les milliards de la bauxite n’ont pas utilisé pour le pays et qu’ils ont été empochés par Sékou Touré et sa famille. La question de savoir ce que sont devenus ces milliards de dollars a un début de réponse :

L’opulente maison de Touré fils à Southlake, dans la banlieue de Dallas-Fort Worth au Texas, aux USA. Mohamed Touré n’est pas connu pour avoir un métier stable ni posséder une entreprise digne de ce nom.

A cela s’ajoute la déclaration par les enquêteurs américains que Mohamed Touré perçoit un revenu régulier de 200 milles dollars par an de l’étranger.

(A suivre…)

Mamadou Sanoussi Bah

Windsor, Canada