Crimes du 28 Septembre 2009 : le ministre de la justice poursuit le déni de justice

pottal fii bhantalDans une déclaration en date du 1er Août 2018, sur les procès des crimes contre l’humanité du 28 Septembre 2009, le ministre guinéen de la justice, Mr. Sako, a annoncé ne pas pouvoir « dire quand est-ce que ce procès aura lieu ». Le ministre met ainsi encore à nue les menées de déni et de subversion de la justice qu’il pratique avec assiduité depuis sa nomination dans le gouvernement en dépit d’interpellations multiples dont celles de Pottal-Fii-Bhantal. 

 

•          A chaque fois qu’il a été soumis à des demandes pressantes des organisations de victimes et des droits de l’homme, Mr. Sako a fait de fausses promesses sur des dates d’ouverture des procès.

•          Il n’a pas hésité à verser dans l’amalgame facile en accusant les organisations qui exigent la justice sur ces crimes contre l’humanité de couver des manœuvres politiques.

•          Lors d’une visite à New-York, Mr. Sako a fait dans le chantage en agitant le spectre de mutineries des forces de sécurité s’il y avait procès des leurs.

•          Ensuite Mr. Sako a dit que le procès requiert la construction d’un palais de justice.

A toutes ces évasion et fuites en avant du ministre, notre organisation a répondu de façon circonstanciée pour démontrer l’invalidité des déclarations, leur motivation politicienne et leur fondement malhonnête.

Les récentes déclarations de Mr. Sako s’inscrivent dans la même logique. Elles démontrent la mauvaise foi du ministre de la justice et une volonté délibérée de semer la confusion afin de maintenir le statu-quo d’une administration avec un fonctionnement hors-la-loi.

Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon saisit l’occasion des récents propos outrageux pour rappeler Mr. Sako à l’ordre. S’il a volontairement décidé de poursuivre la mission de sabotage de la justice sur l’une des pages les plus tragiques de la violence politique en Guinée, ses menées ne trompent personne.  

•          On note que le ministre n’est pas seulement incapable de donner une date de début de procès. Mais il veut limiter artificiellement sa durée à 6 mois. Cette démarche est une inacceptable manipulation. Les faits sont les seuls critères de la durée d’un procès. Souvent, durant des procès, des découvertes sont faites qui peuvent mener à des inculpations supplémentaires.

•          Mr. Sako lie la tenue des procès au calendrier électoral. Il trahit par ce biais, la politisation des procès et, dangereusement, il subordonne la justice aux contingences de la politique. Mr. Sako abdique ainsi du principe d’indépendance judiciaire dont il est sensé être le garant. Dans des circonstances normales, l’assemblée nationale devrait le censurer et exiger sa radiation du gouvernement.

•          Mr. Sako lance un nouveau pavé dans la mare en laissant planer des doutes sur le lieu des procès. Il faut rappeler que Conakry est le lieu principal des crimes. Déplacer artificiellement le lieu des procès va pour sûr porter préjudice à la participation des témoins. Son idée va créer des problèmes de logistiques artificiels qui seront utilisés pour justifier des retards supplémentaires. Notre organisation soutient les membres du comité de pilotage – en particulier les 5 représentants de l’ONU, des USA et de l’UE - dans leur opposition à cette suggestion.

•          Mr. Sako renoue avec son habitude de faire des procès un moyen d’extorsion d’argent à l’Union Européenne et aux Etats-Unis. La justice guinéenne a reçu plus de deux millions de dollars des sources précitées. Ces fonds sont largement suffisants pour commencer les procès. La bonne foi serait de laisser leur déroulement déterminer de la nécessité de financements supplémentaires. Faire de l’argent un préalable de la justice est tout juste un acte immoral dont le ministre de la justice devrait avoir honte.

Les manœuvres dilatoires de Mr. Sako et de Mr. Alpha Condé sur le dossier du 28 septembre 2009 ne sont plus à démontrer. Ces manœuvres sont d’autant plus nocives que les élus de l’assemblée nationale n’ont jamais fait des problèmes de justice dans notre pays une priorité. Il appartient donc à la société civile guinéenne dans son ensemble de se mobiliser sur ce front pour exercer la pression nécessaire sur les élus et le gouvernement pour que ces procès soient organisés sous les auspices de la CPI, comme ce fut le cas en Sierra-Léone.

Faute de prendre au sérieux leur rôle de garant de la loi - clé de voûte de toute démocratie - les élus deviennent non seulement des complices de fait des crimes d’état mais ils encourent de sérieux risques d’en être les futures victimes.

Notre organisation salue le courage des organisations et de la population qui livrent un combat honorable pour l’érection d’un état de droit dans notre pays. Encore une fois, nous réitérons notre engagement ferme à participer à ce combat crucial pour l’avenir de notre pays.

La Commission Centrale de Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon.

Ampliations :

1.         Représentants des Membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU

2.         Conseil de Sécurité et de paix et de l'Union africaine

3.         Commissaire Droits de l'Homme de l'ONU

4.         Commission des Nations Unies contre la violence sur les femmes

5.         Représentant de l'Union européenne en Guinée, Ambassade de France, Ambassade des États-Unis, Ambassade d'Angleterre, Ambassade de Chine et de l'ambassade de Russie en Guinée

6.         Représentant de l'Union européenne à l'ONU

7.         Système de justice mondiale du département d'État américain

8.         Commission du droit de l'Assemblée nationale de la Guinée

9.         Assemblée nationale du Sénégal

10.      Ministre de la Justice et Ministre des droits de l’homme de la Guinée

11.      Mamady Kaba – président de l’institution Nationale Indépendante des Droits de l’Homme de la Guinée

12.      Ambassades de la Guinée auprès des Nations Unies et les États-Unis

13.      FIDH

14.      OGDH

15.      Association Guinéenne des Victimes : AVIPA, AFADIS, AGORA

16.      Human Right Watch

17.      Human Right First

18.      International Crisis Group