Délestage électrique : la presse de la sous-région pourfend l’usage d’arme de guerre par les forces de l’ordre

manifestationsDes centaines de personnes sont descendues dans les rues de la capitale guinéenne pour protester contre l'absence d'électricité. Le mouvement a dégénéré dans des violences meurtrières.

Conakry et sa banlieue, privées d'électricité, les habitants en ont assez. Ils entendaient bien le faire savoir ce mardi en prenant d'assaut les rues de la capitale guinéenne. Une manifestation qui a rapidement dégénéré en violences qui ont coûté la vie à 2 personnes.33 autres ont été légèrement blessées. Le directeur de la sûreté urbaine de Conakry, le commissaire Boubacar Kassé, a indiqué "la première victime est un civil tué dans un accident de la circulation. Il a été renversé par un véhicule alors qu'il tentait de traverser la route. La seconde, un élève gendarme atteint d'un caillou jeté par un manifestant". Le porte-parole de la gendarmerie nationale, le commandant Mamadou Alpha Barry a précisé que "le civil tué a été heurté accidentellement par un véhicule de la gendarmerie", tandis que "le gendarme a été atteint par un un caillou jeté par les manifestants alors qu'il était à bord d'un pick-up de la gendarmerie.

Il est tombé et les manifestants l'ont récupéré et battu à mort".

La version des officiels "l'accident de la circulation" a été contestée par un membre de la famille de la victime.

Émeutes généralisées

"Ce sont les forces de l'ordre qui ont pourchassé mon frère avec des matraques et, en essayant de traverser la route, il a été heurté par un véhicule qui l'a entraîné sur plusieurs mètres et il est mort sur le coup", a-t-il déclaré sous couvert de l'anonymat.

Les émeutes ont éclaté mardi matin dans plusieurs quartiers de la banlieue sud de Conakry, opposant des milliers de manifestants, en majorité des jeunes, aux forces de l'ordre.

Les forces de l'ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et des matraques pour disperser les manifestants, mais des témoins ont affirmé avoir entendu des tirs ou vu "des policiers tirer à balles réelles». Les émeutiers ont riposté avec des pierres, érigé des barricades, brûlé des pneus et renversé des poubelles sur plusieurs axes routiers. Il y a 8 jours, 21 personnes, dont trois policiers, avaient été blessées lors d'émeutes similaires.

Les coupures d'eau et d'électricité sont récurrentes dans les grandes villes de Guinée et provoquent régulièrement de violentes émeutes d'habitants exaspérés.

Source : http://www.journaldumali.com/article.php?aid=7894